De la chancellerie aux autorités régionales, le mot d’ordre est à la mobilisation face à la multiplication des actes de xénophobie en Allemagne, sur fond d’afflux record de migrants. Angela Merkel doit se rendre, mercredi 26 août, dans un foyer de réfugiés pour s’élever contre ces violences.
Ce centre d’accueil, situé à Heidenau (Saxe), a été la cible de violentes manifestations anti-immigrés le week-end dernier que la chancelière a qualifiées d’« abjectes ». Ce sera la première visite de Mme Merkel dans un foyer de réfugiés depuis le début de la crise migratoire européenne dans laquelle l’Allemagne est en première ligne. La chancelière était d’ailleurs sous le feu des critiques dans la presse pour son manque d’empressement à se saisir de ce dossier, alors que son pays s’attend à recevoir 800 000 demandes d’asile en 2015, soit quatre fois plus que l’an dernier.
L’Allemagne suspend le renvoi des réfugiés syriens
Mais depuis quelques semaines, la prise de conscience est bien réelle. Berlin a annoncé mardi avoir renoncé à renvoyer les Syriens vers leur pays d’entrée dans l’UE, une mesure discrètement mise en œuvre de longue date. Il s’agit du « seul cas dont nous avons connaissance parmi les Etats membres », a commenté à Bruxelles la porte-parole de la Commission européenne, Natasha Bertaud, qui s’est félicitée d’un « acte de solidarité européenne ».
« L’Europe est dans une situation qui n’est pas digne de l’Europe, il faut tout simplement le dire », a de son côté déclaré Mme Merkel, appelant lors d’un« dialogue avec des citoyens » à une plus juste répartition de l’accueil des réfugiés au sein de l’Union européenne.
Après le passage record de 2 100 personnes en Hongrie pour la seule journée de lundi, des centaines de réfugiés ont encore afflué mardi à la frontière serbo-hongroise, quelques jours avant l’achèvement prévu le 31 août d’une clôture métallique qui devrait fermer cette route d’accès à l’UE.
